Les algues marines jouent un rôle de plus en plus important dans la transition vers une alimentation, des cosmétiques et des engrais plus durables. Les projets complémentaires de recherche et d’innovation C3Weed de l’Association KU Leuven et I3 4 Seaweed (international) visent à exploiter les algues marines, expliquent le Dr Liselot De Vlieger, responsable de l’innovation à la KU Leuven et à Vives, et le Dr Flore Vancoillie, chercheuse postdoctorale à la KU Leuven.
À travers les projets C3Weed et I3‑4‑Seaweed, les partenaires souhaitent œuvrer en faveur d’une chaîne de valeur européenne professionnelle et économiquement rentable dans le domaine des algues marines. C3weed met l’accent sur le fondement scientifique et le développement de produits, tandis que I3‑4‑Seaweed se concentre sur la mise à l’échelle, la mise en œuvre sur le marché et la coopération interrégionale.

C3Weed et I3-4 Seaweed
Le projet I3-4Seaweed est un projet européen. Il y a seize partenaires impliqués, issus de six pays différents. « Le projet I3-4Seaweed a pour objectif de faciliter l’innovation dans le domaine des algues marines en Europe. Bien que les algues marines soient déjà très présentes, par exemple en Asie et dans d’autres régions, elles n’en sont encore qu’à leurs balbutiements en Europe. « Nous avons besoin d’une approche structurée pour faciliter toute la chaîne des algues marines en Europe : de la production des algues à leur transformation, sans oublier leur ajout dans des produits finis, comme les aliments, mais aussi les engrais et les cosmétiques », explique Flore Vancoillie.

Champ d’application plus large
Alors que le projet C3Weed se concentre sur la caractérisation et l’incorporation de la biomasse algale totale dans l’alimentation, le projet I3‑4‑Seaweed a un objectif plus large. Ce projet englobe non seulement l’ensemble de la chaîne de valeur des algues marines avec des partenaires spécialisés dans la culture et la transformation des algues, mais il vise également un domaine d’application plus large, comprenant notamment les cosmétiques et les engrais.

Durabilité
La culture des algues marines peut se faire par cueillette sauvage en mer, par culture sur des cordes, voire même sur terre dans des bassins, note L. De Vlieger.
« Si nous récoltons les algues dans la mer, nous n’avons pas besoin de terres, ni d’eau douce, ni d’engrais. De plus, elles combattent l’acidification des océans, car elles absorbent également le CO2. De plus, d’un point de vue nutritionnel, c’est une matière première très intéressante à utiliser dans l’alimentation, car elle est riche en fibres, en certains minéraux, en antioxydants, etc. ».

Clean label
« Si on examine les applications des algues dans l’alimentation par les entreprises agroalimentaires, on constate que, pour l’instant, le travail se base principalement sur des composants extraits des algues, comme la carraghénine, l’agar-agar et l’alginate. Leur inconvénient est que ces composants portent un numéro E et que leur extraction est un processus complexe et énergivore (bioraffinage). De plus, l’extraction génère beaucoup de flux de déchets », explique L. De Vlieger. « C3weed veut briser ce paradigme. Si vous ajoutez la biomasse algale totale (comme ingrédient) à un produit alimentaire au lieu d’un extrait d’algue (comme additif), vous pouvez en effet viser une approche clean label ».

Abandonner les extraits
« Nous constatons que les entreprises alimentaires souhaitent abandonner les extraits et se diriger vers la biomasse algale totale, mais elles n’ont que peu ou pas d’expérience dans le domaine. Dans la littérature également, il existe relativement peu de recherches sur la caractérisation et l’utilisation de cette biomasse algale totale dans les produits alimentaires. C’est en fait sur le manque de recherche que nous voulons travailler et c’est là que nous allons réellement soutenir l’industrie alimentaire. »

Centre d’expertise
« Dans un premier temps, nous souhaitons établir une matrice algale complète des propriétés technofonctionnelles, nutritionnelles et sensorielles de 11 espèces d’algues marines non nouvelles afin d’aider les cultivateurs d’algues, les fournisseurs d’ingrédients et les fabricants de produits alimentaires à déterminer le type d’algue le mieux adapté à un produit alimentaire donné. La matrice aide à sélectionner l’espèce d’algue marine la plus appropriée en fonction de l’objectif fonctionnel visé (comme l’amélioration de la texture, la couleur, l’enrichissement nutritionnel ou le goût). De cette manière, les entreprises peuvent faire un choix réfléchi en fonction du rôle souhaité des algues marines dans leur produit. Cela évite que les algues soient testées au hasard et favorise un développement de produits plus axé sur les connaissances », poursuit F. De Vlieger.

Deuxième phase
« À titre d’exemple, nous développerons, dans la deuxième phase de ce projet, trois produits modèles dans lesquels les algues marines seront intégrées comme macrocomposant en vue d’inspirer l’industrie alimentaire. La sélection des algues marines utilisées se fait sur la base de la matrice algale et de l’objectif fonctionnel visé dans le produit alimentaire. Avec ce projet, nous souhaitons également poser les bases d’un centre d’expertise européen dédié à l’utilisation des algues marines dans l’alimentation. Nous souhaitons ainsi soutenir l’innovation dans l’industrie alimentaire et intégrer les algues marines dans notre chaîne alimentaire », ajoute la chercheuse postdoctorale F. Vancoillie.

Équipe C3Weed
L’équipe C3Weed de l’Association KU Leuven se compose de trois membres. Le groupe de recherche Food & Lipids du campus de Courtrai de la KU Leuven (KULAK), dirigé par le professeur Imogen Foubert, est spécialisé dans les lipides, les pigments et les antioxydants.
Le deuxième groupe de recherche est Meat Technology & Science of Protein-Rich Foods (MTSP) du campus de Gand de la KU Leuven, dirigé par le professeur Ilse Fraeye, spécialisé dans les aliments riches en protéines, comme les produits à base de viande, les produits hybrides et les alternatives végétariennes. Enfin, il y a encore le groupe de recherche Food Processing de la Hogeschool Vives. Ce dernier possède une expérience dans le traitement et la stabilisation des matières premières ainsi que dans le développement de produits. Selon L. De Vlieger, les deux derniers groupes mènent des recherches plus pratiques, ce qui permet à ce projet de fournir des connaissances à la fois fondamentales et appliquées.
Informations
https://research.kuleuven.be/portal/en/project/3E240094

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