30 SEPTEMBRE &
1 OCTOBRE 2026

Que réserve l’année 2026 à l’industrie alimentaire sur le plan économique et géopolitique ?

Nouvelles

Que réserve l’année 2026 à l’industrie alimentaire sur le plan économique et géopolitique ?

04-03-2026

Xavier Gellynck, professeur d’économie agricole et d’agro-marketing à l'université de Gand, donne un aperçu des développements futurs dans l’industrie alimentaire et identifie les principaux défis auxquels le secteur est confronté.

 

Quelles sont vos attentes pour l’industrie alimentaire d’ici 2026 ?

« Il ne sera pas évident de poursuivre la reprise de 2025. Les exportations sont et restent importantes pour le secteur, mais celles vers les pays tiers sont sous pression. FEVIA joue la carte de la « durabilité ». Je ne pense pas que ce soit l’idéal. La durabilité est un facteur important dans notre société, mais je me demande s’il convient d’en faire une priorité absolue à l’heure actuelle. Les critiques à l’égard du Green Deal de la Commission européenne s’intensifient sous différents angles, tant au niveau international que national et régional. Nous devons veiller à ne pas rendre la vie trop difficile à notre industrie manufacturière, dont l’industrie alimentaire est la plus importante. Il faut des règles, mais il faut être attentif à ne pas multiplier les règles qui, au final, ne profitent à personne. »

 

Quels sont les principaux défis et en quoi consistent-ils concrètement ?

 « Je pense que le principal est la rentabilité. Les marges de nos entreprises sont sous pression et la réalisation des investissements nécessaires dans l’infrastructure (notamment l’intelligence artificielle) et l’innovation est loin d’être évidente. Les délais d’amortissement sont trop longs, ce qui retarde les investissements. Un tel comportement hypothèque l’avenir et est dangereux. » 

 

Comment se sont déroulées les récoltes des principales matières premières ? 

« Les matières premières sont sous pression, notamment en raison de la réglementation qui nous attend (RDUE - Règlement contre la déforestation). Le conflit entre la Russie et l’Ukraine continue d’avoir un impact important sur les céréales et l’énergie (gaz). La RDUE aura un impact important sur plusieurs cultures (huile de palme, café, cacao, etc.). Nous devons veiller à ne pas commettre ici la même erreur qu’avec le soja d’Amérique latine et la polémique sur les OGM, lorsque les Chinois ont été accueillis à bras ouverts au Brésil. L’eau est également un élément important : nous devons de toute urgence nous atteler à la collecte et à la rétention des eaux de pluie et cesser de les rejeter dans la mer. »

 

Où y a-t-il des pénuries/excédents et quel en sera l’impact sur le marché alimentaire ? 

« Les excédents et les pénuries ont surtout un impact sur les prix des années suivantes. Comme les pommes de terre, par exemple, dont les prix sont sous pression en raison de la surproduction de l’année dernière (les congélateurs sont pleins). La viande bovine connaît une tendance inverse, avec des prix plus élevés, car les éleveurs abandonnent souvent leur activité en raison de la réglementation de plus en plus stricte. En fonction de la nature de la production et du caractère local ou mondial du marché, les facteurs climatiques restent de loin le facteur déterminant le plus important pour les prix. En d’autres termes, les prix sont principalement déterminés par des facteurs liés à l’offre et non par des facteurs liés à la demande. »

 

Encadrement : L'impact de la guerre au Moyen-Orient

L'actualité a rattrapé notre interview initiale, car à l'époque, il n'était pas encore question d'une guerre entre l'Iran et les États-Unis et Israël. Nous avons donc recontacté Xavier Gellynck, qui a eu l'amabilité de nous décrire les conséquences de cette guerre sur l'industrie alimentaire.

 

« Tout comme la guerre entre la Russie et l'Ukraine, le conflit au Moyen-Orient aura également un impact important sur les performances de nos entreprises, en particulier celles de l'industrie alimentaire. Sur le plan géopolitique, la situation n'était déjà pas favorable, et ce nouveau conflit ne fait qu'aggraver la situation. Outre le fait que les chaînes d'approvisionnement vers cette région risquent d'être perturbées, le risque d'une inflation galopante n'est certainement pas inexistant. Une hausse continue des prix de l'énergie pourrait en être le catalyseur. Les prix d'autres produits suivront inévitablement, d'autant plus que leur production nécessite beaucoup d'énergie. De plus, notre industrie alimentaire sera confrontée à une indexation supplémentaire des salaires, ce qui exercera une pression supplémentaire sur sa compétitivité. La lutte contre l'inflation s'accompagnera également d'une hausse des taux d'intérêt, ce qui, combiné à l'incertitude croissante quant à l'avenir, n'est pas du tout favorable aux investissements dans le secteur. »

 

www.ugent.be

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