« Depuis sa première édition, Intrafood se distingue par une formule qui combine le meilleur de deux mondes. La taille et la configuration du salon favorisent les contacts directs entre quelque 1 200 visiteurs et plus de 110 exposants. En parallèle, un vaste programme de séminaires, composé de nombreuses conférences et tables rondes passionnantes, offre aux professionnels l’occasion d’enrichir leurs connaissances. Cette interaction fait toute la force d’Intrafood:26, qui se tiendra les 30 septembre et 1er octobre à Kortrijk Xpo.
Aux côtés du Comité scientifique, je contribue toujours avec beaucoup d’enthousiasme à l’élaboration du programme. Cette année, il s’articulera autour de deux grands thèmes : “Aliments transformés : vos ingrédients sont-ils parés pour le futur ?” et “Le développement de produits piloté par l’IA stimule l’innovation et la rentabilité” », explique le Pr Koen Dewettinck, de l’Université de Gand.
Des applications concrètes de l’IA dans le secteur alimentaire
L’intelligence artificielle figurait déjà au programme des séminaires de la précédente édition d’Intrafood, il y a deux ans. Selon Koen Dewettinck, le contexte a toutefois radicalement changé depuis. « À l’époque, de nombreuses entreprises voyaient dans l’IA une technologie prometteuse, qui relevait encore surtout de la science-fiction. Aujourd’hui, elle s’intègre à grande vitesse dans les entreprises, les instituts de recherche et les universités. Elle est devenue incontournable dans un large éventail de processus. Nous constatons par exemple qu’elle simplifie considérablement le développement et la reformulation des produits, deux exercices souvent très complexes dans l’industrie alimentaire en raison des questions de composition et de structure. »
Les producteurs cherchent sans cesse à améliorer leurs recettes, notamment en réduisant le sucre ou les matières grasses, ou en remplaçant certains additifs. L’intelligence artificielle leur permet d’analyser plus rapidement de vastes volumes de publications, de données et de connaissances scientifiques, puis de les exploiter de manière ciblée. Les entreprises peuvent ainsi prendre plus facilement des décisions étayées, optimiser leurs processus, renforcer la qualité ou mieux évaluer leur consommation d’énergie et d’eau. « Les multinationales ne sont d’ailleurs plus les seules à adopter l’IA : les PME sont elles aussi toujours plus nombreuses à y recourir. Le regard critique reste cependant indispensable. Les professeurs, chercheurs et scientifiques conservent donc un rôle essentiel », souligne Koen Dewettinck.
Rien d’étonnant, dès lors, à ce que l’IA occupe de nouveau une place de choix dans le programme des séminaires d’Intrafood:26. « Cette fois, les conférences porteront sur des applications concrètes dans l’industrie alimentaire. Michael Verlinden, de la Haute École VIVES, expliquera comment l’intelligence artificielle aide à mesurer la croustillance des produits. Tim De Boeck, d’AMNorman & Nursh, montrera comment elle peut accélérer le développement et la gestion de la qualité. Koen Verhaeghe, de VLAIO, exposera quant à lui la manière dont l’IA crée déjà de la valeur dans les entreprises alimentaires », poursuit Koen Dewettinck.
Quel avenir pour les aliments transformés ?
Second thème central, les aliments transformés avaient eux aussi déjà trouvé leur place dans le programme d’Intrafood. Le sujet reste cependant au cœur des discussions dans l’industrie alimentaire. Le système de classification NOVA de Monteiro, en particulier, suscite toujours le débat. Il classe les aliments des produits non transformés aux produits ultra-transformés et préconise, pour des raisons de santé, de limiter autant que possible la consommation de ces derniers.
« Le thème “Aliments transformés : vos ingrédients sont-ils parés pour le futur ?” réunira des points de vue très différents. Si personne ne conteste l’importance d’une politique axée sur la santé, la voix de l’industrie alimentaire doit également être entendue. La faisabilité, les préférences des consommateurs et la durabilité constituent elles aussi des dimensions essentielles du débat. Une table ronde modérée par Greet Riebbels (ILVO) réunira des personnalités du monde médical et de l’industrie alimentaire : Tom Delforge (Fevia), le Pr Frank Devlieghere (UGent), le Dr Geert Maesmans (Cargill), Michaël Sels (UZA) et la Dre Magali Surmont (UZ Brussel). Je présenterai par ailleurs, avec Hanne Baert (Cacaolab), une conférence à deux voix consacrée à de nouvelles solutions pour réduire le sucre dans les produits de confiserie », précise le Prof. Dewettinck.
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