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Les Perspectives agricoles OCDE-FAO 2026-2035 mettent en garde contre d’importantes vulnérabilités malgré une production alimentaire en hausse

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Les Perspectives agricoles OCDE-FAO 2026-2035 mettent en garde contre d’importantes vulnérabilités malgré une production alimentaire en hausse

14-07-2026

Au cours des dix prochaines années, la production mondiale de denrées agricoles et alimentaires devrait poursuivre sa progression, principalement sous l’effet de l’amélioration des rendements, des avancées technologiques et de l’intensification des systèmes de production.

 

Dans le même temps, l’approvisionnement alimentaire reste exposé aux tensions géopolitiques, à la hausse des prix de l’énergie et aux perturbations des marchés des intrants agricoles, tels que les engrais, les aliments pour animaux et les semences. Tel est le constat dressé par les Perspectives agricoles OCDE-FAO 2026-2035, le rapport annuel de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui analyse l’évolution des marchés mondiaux de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et de l’aquaculture.

 

La productivité, moteur de la croissance

Selon le rapport, la production mondiale agricole et halieutique devrait augmenter de 13 % entre 2026 et 2035. Cette croissance reposera avant tout sur les gains de productivité et la poursuite de l’intensification des systèmes de production existants, plutôt que sur une extension significative des surfaces agricoles. La croissance se concentrera essentiellement en Asie, en Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Ensemble, ces régions assureront une part importante de l’accroissement de la production mondiale. L’Asie conservera son rôle de principal moteur de cette dynamique, l’Inde devant notamment contribuer de manière substantielle à l’augmentation de la production agricole mondiale.

 

Une production céréalière record

La production mondiale de céréales restera l’un des principaux piliers de la croissance de l’approvisionnement alimentaire. Selon les Perspectives, elle atteindra un niveau record de 3,22 milliards de tonnes en 2035. Cette progression résultera singulièrement de l’amélioration des rendements à l’hectare. Pour les céréales, ceux-ci devraient augmenter de 0,9 % par an en moyenne, tandis que les superficies cultivées ne progresseraient que de 0,1 % par an. En 2035, environ 40 % de la production céréalière mondiale devrait être destinée directement à l’alimentation humaine, contre 34 % pour l’alimentation animale. Le blé et le riz demeureront les principales cultures vivrières, tandis que le maïs continuera d’être utilisé essentiellement comme aliment pour le bétail.

 

 

Des prix globalement stables

Grâce aux gains de productivité attendus, les prix agricoles sur les marchés internationaux devraient rester relativement stables, voire légèrement inférieurs à leur niveau actuel. L’amélioration de l’efficacité des systèmes de production et la hausse des rendements contribueront à contenir les tensions sur les marchés, malgré une demande alimentaire mondiale en constante progression. Cette demande évoluera toutefois dans sa composition. Dans les pays à revenu intermédiaire, la consommation de produits d’origine animale continuera d’augmenter sous l’effet de la hausse des revenus et de l’évolution des habitudes alimentaires. L’Asie du Sud-Est devrait représenter, à elle seule, 39 % de la croissance mondiale de la consommation alimentaire. La progression de la consommation de viande devrait, en revanche, ralentir dans les pays à revenu élevé. Les préférences des consommateurs devraient par ailleurs évoluer progressivement de la viande bovine vers la viande de volaille, sous l’effet conjugué des prix et des considérations sanitaires et environnementales.

 

Une aquaculture en plein essor

La production de poisson et d’autres produits alimentaires tirés de la mer poursuivra elle aussi sa progression. D’après les Perspectives, la production mondiale issue de la pêche et de l’aquaculture augmentera de 11 % d’ici à 2035. L’aquaculture restera le principal moteur de cette croissance et devrait représenter 56 % de la production totale à l’horizon 2035, contre 53 % aujourd’hui. L’Asie conservera sa position dominante, tant pour la production que pour la consommation de produits aquatiques. En Chine, premier producteur mondial de produits aquacoles, la croissance devrait toutefois continuer à ralentir.

 

 

Les répercussions de la crise énergétique

Au-delà des perspectives à long terme, le rapport met également en lumière plusieurs enjeux à plus court terme. L’évolution des prix de l’énergie et la disponibilité des engrais figurent parmi les facteurs les plus susceptibles d’influencer la production alimentaire. Une hausse durable des prix de l’énergie pourrait entraîner une diminution de l’utilisation des engrais et, par conséquent, une baisse des rendements. Selon les scénarios élaborés par l’OCDE et la FAO, si la forte hausse des prix de l’énergie observée en 2026 devait se prolonger, la production mondiale de céréales pourrait reculer de 0,9 % en 2027. Dans les pays à faible revenu, cette baisse pourrait atteindre 1,7 %, avec, à la clé, une augmentation des prix alimentaires et un renforcement des risques pesant sur la sécurité alimentaire.

 

Les conditions d’une stabilité durable

Les Perspectives soulignent ainsi qu’une augmentation de la production alimentaire ne suffira pas, à elle seule, à garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial. Des investissements soutenus resteront indispensables pour améliorer la productivité, développer les infrastructures, accélérer l’innovation technologique et sécuriser l’accès aux intrants essentiels de l’agriculture. L’OCDE et la FAO insistent également sur le rôle déterminant d’un commerce international ouvert et fondé sur des règles prévisibles. Selon le rapport, celui-ci demeure indispensable pour compenser les déséquilibres régionaux entre l’offre et la demande et limiter les conséquences de futures perturbations sur les marchés alimentaires.

 

www.oecd.org

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