L’allégation « High (in) Protein » s’est imposée comme l’une des plus visibles sur le marché de l’alimentation humaine, les consommateurs associant de plus en plus les protéines à la santé, à la vitalité et au maintien de la masse musculaire. Si elles servent souvent de support à des allégations nutritionnelles à vocation marketing dans l’alimentation humaine, elles jouent un rôle nutritionnel fondamental dans l’alimentation des animaux de compagnie.
La transition protéique dans le petfood
Cette évolution se traduit notamment par une recherche permanente des sources de protéines les plus adaptées à l’alimentation des chiens et des chats. À ce jour, les protéines d’origine animale demeurent la principale source protéique utilisée dans le petfood.
« Dans l’entrée de gamme, elles proviennent généralement du poulet, du porc et du bœuf. Le milieu de gamme privilégie davantage des protéines animales de qualité supérieure, comme le canard, le saumon ou l’agneau. Les références premium sont, quant à elles, principalement élaborées à partir d’ingrédients frais, tels que du poulet frais ou du saumon frais. Parallèlement, nous observons une tendance à réduire la dépendance aux protéines d’origine animale. Les sources de protéines alternatives, notamment les protéines d’insectes, gagnent clairement en importance, même si elles restent aujourd’hui un marché de niche. Les vers de farine et les larves de mouche soldat noire sont actuellement les espèces les plus utilisées », explique Benjamin Karalic, nutritionniste chez United Petfood, fabricant d’aliments humides, d’aliments secs et de snacks de qualité pour chiens et chats sous marque de distributeur.
« Comme dans l’alimentation humaine, l’acceptation des protéines d’insectes par les consommateurs reste un défi. Même si l’offre et les ventes de références à base de protéines d’insectes progressent, la plupart des propriétaires de chiens et de chats connaissent encore mal ce concept et hésitent, de ce fait, à acheter ce type de produits. Aujourd’hui, ce frein psychologique pèse souvent davantage que les qualités nutritionnelles des protéines d’insectes. Tant que cet obstacle subsistera, leur adoption à grande échelle dans l’alimentation des animaux de compagnie ne devrait pas intervenir à court terme », estime Maarten Perdieus, d’Absolute Petfood, qui commercialise des aliments haut de gamme pour chiens et chats sous la marque Grandorf.

Les protéines végétales gagnent du terrain
L’utilisation de protéines végétales dans l’alimentation des chiens et des chats est également en plein essor. Une question demeure toutefois : dans quelle mesure ces protéines peuvent-elles égaler la valeur nutritionnelle des protéines d’origine animale ? L’enjeu est particulièrement important chez le chat. Ce carnivore strict a besoin de nutriments naturellement présents dans les ingrédients d’origine animale, notamment la taurine, l’acide arachidonique, le rétinol et certains acides aminés. Il est donc essentiel que les aliments végétariens destinés aux chats soient complets et équilibrés afin d’éviter tout risque pour leur santé. Chez le chien, dont les besoins nutritionnels sont plus flexibles, cette problématique est moins marquée. Par ailleurs, les aliments d’origine végétale ne séduisent pas uniquement les propriétaires végétariens : ils attirent également un public plus large, sensible aux considérations environnementales, éthiques ou nutritionnelles.

Une forte dynamique d’innovation
Le marché du petfood se distingue par une intense activité d’innovation en matière de sources de protéines alternatives. La marque italienne Forza10, qui appartient au groupe français Nasta Petfood, a ainsi récemment lancé la première gamme complète d’aliments humides pour chiens élaborés à partir de viande de culture produite par l’entreprise tchèque Bene Meat Technologies.
En 2024, la start-up finlandaise de biotechnologie Enifer a, quant à elle, obtenu le feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour son ingrédient mycoprotéique PEKILO® Pet. Cette protéine fongique durable est désormais utilisée par les fabricants finlandais Prima Pet et Rovio Pet Foods, qui l’incorporent respectivement dans des aliments pour chiens et chats ainsi que dans un snack semi-humide destiné aux chiens.
L’entreprise néo-zélandaise Leaft Foods, spécialisée dans l’extraction de protéines issues de feuilles vertes, fait également son entrée sur le marché du petfood. À cette fin, elle a développé Alfalfa Protein Concentrate (APC), un concentré protéique à base de luzerne. Plusieurs fabricants devraient encore lancer cette année de nouveaux produits intégrant cet ingrédient.

Les protéines uniques gagnent du terrain
Depuis quelques années, les références à base de protéine unique (mono-protéine) occupent une place croissante sur le marché du petfood. Ces produits ne contiennent qu’une seule source de protéines animales et sont fréquemment destinés aux chiens et aux chats qui souffrent d’allergies ou d’intolérances alimentaires. En limitant le nombre d’allergènes potentiels, ils facilitent l’identification des réactions indésirables et leur prévention.
Parmi les protéines nouvelles (novel proteins), soit des sources protéiques auxquelles l’animal n’a probablement jamais été exposé et qui présentent donc un risque allergique plus faible, figurent notamment le cheval, le canard, le lapin, le cerf, l’autruche, le bison et la truite.

Des formulations adaptées à chaque stade de vie
À l’instar de l’être humain, les besoins nutritionnels des animaux de compagnie évoluent au fil de leur vie. Les fabricants de petfood développent donc de plus en plus de formules spécifiquement adaptées à chaque stade de vie. Les besoins en protéines, en particulier, varient sensiblement selon l’âge.
Les animaux en croissance ont par exemple besoin d’un apport suffisant en protéines de haute qualité pour favoriser le développement des muscles, des os et des organes. Chez les animaux âgés, l’accent est davantage mis sur des sources protéiques hautement digestibles, qui contribuent à préserver la masse musculaire aussi longtemps que possible.
Tous les fabricants ne sont toutefois pas convaincus de la nécessité d’une segmentation aussi poussée en fonction du stade de vie. Si les besoins nutritionnels des jeunes animaux diffèrent clairement de ceux des adultes, la pertinence de formules distinctes pour les animaux adultes et seniors, par exemple, continue d’alimenter le débat. Pour les détracteurs de cette approche, les considérations marketing pèsent parfois autant que les différences nutritionnelles. Ses défenseurs soulignent au contraire les évolutions du métabolisme, du niveau d’activité et de la masse musculaire qui accompagnent le vieillissement des animaux.
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